Chapitre 1 sur 8 · 7 min
Pourquoi l'e-mail, et quel modèle choisir
Par Noah Plaut
Un compte suspendu sans explication, un algorithme qui change, une publication vue par trois pour cent de vos abonnés : quiconque a bâti son activité sur un réseau social a connu au moins l'une de ces mésaventures. Les « abonnés » d'une plateforme ne sont pas à vous. Vous les louez, à un propriétaire qui change les règles quand il veut. Une liste d'adresses e-mail, elle, vous appartient. Vous pouvez la télécharger, changer d'outil, écrire à chacun sans intermédiaire. C'est le seul public que personne ne peut vous retirer, et c'est pourquoi presque tous ceux qui vivent d'une activité en ligne finissent par dire la même chose : j'aurais dû commencer ma liste plus tôt.
Ce que l'e-mail a de particulier
| Réseau social | ||
|---|---|---|
| À qui appartient le public | À la plateforme | À vous |
| Qui voit vos messages | Une fraction, décidée par un algorithme | Presque tous ceux qui ouvrent leur boîte |
| Durée de vie d'un message | Quelques heures | Jusqu'à ce qu'il soit lu, archivé ou supprimé |
| Lieu de lecture | Un fil, entre deux distractions | Une boîte personnelle, message par message |
| Vendre | Mal vu, peu efficace | Attendu, mesurable |
| Découverte par de nouveaux publics | Forte | Faible |
La dernière ligne compte : l'e-mail ne vous fait pas connaître. Il transforme en relation durable l'attention que vous obtenez ailleurs, par vos réseaux, votre site, votre boutique, le bouche-à-oreille. Les deux se complètent : le réseau pour être découvert, l'e-mail pour rester.
Ce que l'e-mail permet
- Vendre, à des personnes qui vous connaissent, sans payer de publicité.
- Faire revenir un client, lui annoncer une nouveauté, une date, une disponibilité.
- Entretenir la confiance entre deux achats.
- Tester une idée, un prix, un titre, en quelques heures.
- Publier : une lettre d'information peut être un produit en soi.
Trois modèles
Tout le monde ne fait pas la même chose avec une liste. Sachez lequel est le vôtre : les outils, le rythme et les indicateurs en dépendent.
| L'e-mail au service d'une boutique | L'e-mail au service d'une expertise | La lettre d'information comme média | |
|---|---|---|---|
| Qui | Artisans, commerçants, boutiques en ligne | Indépendants, formateurs, consultants, créateurs | Auteurs, journalistes, passionnés d'un sujet |
| But | Faire acheter et racheter | Démontrer, puis vendre une prestation ou un produit numérique | Être lu ; en tirer un revenu directement |
| Contenu | Nouveautés, coulisses, conseils d'usage, offres | Conseils, analyses, cas concrets | Une publication régulière, éditoriale |
| Rythme | Deux à quatre envois par mois, plus les temps forts | Une fois par semaine ou par quinzaine | Hebdomadaire, parfois plus |
| Automatisations | Essentielles : bienvenue, panier abandonné, après achat | Bienvenue, séquences de vente | Peu |
| Revenu | Les ventes | Les prestations, les produits numériques | Parrainage de marques, abonnements payants, affiliation |
| Indicateur clé | Chiffre d'affaires par envoi | Demandes et ventes générées | Croissance de la liste, taux de clic |
Les frontières sont poreuses. Une boutique peut publier une vraie lettre que l'on a plaisir à lire ; une lettre-média peut vendre ses propres produits.
Les mots du métier
| Terme | Sens |
|---|---|
| Liste | L'ensemble de vos abonnés |
| Abonné, contact | Une personne qui a accepté de recevoir vos e-mails |
| Campagne | Un e-mail envoyé une fois, à une date |
| Automatisation, séquence | Des e-mails envoyés automatiquement, déclenchés par une action |
| Segment | Une partie de la liste, définie par un critère |
| Étiquette | Une marque posée sur un contact : son intérêt, sa provenance |
| Délivrabilité | La capacité de vos e-mails à arriver en boîte de réception, et non en courrier indésirable |
| Taux d'ouverture | Part des destinataires ayant ouvert ; un chiffre devenu peu fiable, on le verra |
| Taux de clic | Part des destinataires ayant cliqué sur un lien |
| Rebond | Un e-mail qui n'a pas pu être remis |
| Consentement | L'accord de la personne, exigé par la loi dans la plupart des cas |
Des attentes réalistes
L'e-mail est lent, puis solide.
| Étape | Ce qui est réaliste |
|---|---|
| Les trois premiers mois | Quelques dizaines à quelques centaines d'abonnés, selon votre audience existante |
| La première année | De quelques centaines à un ou deux milliers, avec un effort régulier |
| Les revenus | Proportionnels à la confiance, pas à la taille. Une liste de 500 personnes très concernées vaut mieux qu'une liste de 10 000 indifférents |
Vous lirez que « chaque euro investi dans l'e-mail en rapporte quarante ». Ces chiffres, publiés par des éditeurs d'outils, agrègent des situations sans rapport avec la vôtre. Ce qui est vrai : écrire à mille personnes coûte presque rien, et celles qui vous ont donné leur adresse achètent bien plus volontiers qu'un inconnu.
Un ordre de grandeur, pour fixer les idées. Une boutique écrit à 1 200 abonnés pour annoncer une nouveauté. Quatre pour cent cliquent, soit 48 personnes. Une sur dix commande : cinq commandes, à 28 € en moyenne, soit 140 € pour un e-mail écrit en une heure. Rien de spectaculaire, et cela recommence la semaine suivante, sans budget publicitaire.
Ce qui fait une bonne liste
- Des personnes qui ont choisi d'être là. Jamais d'adresses achetées, récupérées ou ajoutées d'office.
- Une promesse claire : on sait ce que l'on recevra, et à quel rythme.
- De la régularité : mieux vaut un e-mail toutes les deux semaines pendant deux ans qu'un par jour pendant un mois.
- Plus de valeur que de sollicitation : on lit vos e-mails parce qu'ils apportent quelque chose.
- Du ménage : les adresses mortes et les inactifs dégradent tout.
Ce qu'il vous faut
- Un outil d'envoi. On n'envoie pas une lettre d'information depuis sa messagerie personnelle, pour des raisons techniques et légales : chapitre 2.
- Un nom de domaine à vous, avec une adresse du type
bonjour@votredomaine.fr. - Un endroit où s'inscrire : un formulaire sur votre site, ou une page dédiée que fournit l'outil.
- Quelque chose à dire, régulièrement.
- Deux heures par semaine au début.
Vous n'avez pas besoin d'un site élaboré, ni d'une grande audience, ni d'un budget : plusieurs outils sont gratuits jusqu'à quelques centaines ou milliers d'abonnés.
Par où commencer si vous partez de zéro
Dans cet ordre.
- Choisir un modèle et une promesse.
- Ouvrir un outil, régler le domaine d'envoi.
- Créer un formulaire conforme et une page d'inscription.
- Écrire un e-mail de bienvenue.
- Annoncer la liste à votre entourage et à votre audience.
- Envoyer le premier e-mail, même à vingt personnes.
- Recommencer à date fixe.
Beaucoup attendent d'avoir « assez d'abonnés » pour écrire. C'est l'inverse : on écrit, et les abonnés viennent parce qu'il y a quelque chose à lire.
L'exemple suivi : la brûlerie de Paul
Paul torréfie du café dans une petite ville. Il vend en boutique et, depuis un an, en ligne. Il a 900 abonnés sur Instagram, une quarantaine de commandes en ligne par mois, et un cahier où sont notées à la main les adresses e-mail de 150 clients fidèles. Il n'a jamais envoyé un e-mail. Il voudrait que ses clients en ligne recommandent, et prévenir tout le monde quand un café rare arrive.
Nous construirons sa liste, ses automatisations, sa lettre mensuelle et ses campagnes. Son cahier d'adresses pose d'emblée une question : a-t-il le droit de leur écrire ? Le chapitre 3 y répond.
Le parcours
| Chapitre | Résultat |
|---|---|
| 2 | Un outil choisi, un domaine d'envoi réglé |
| 3 | Un formulaire et une pratique conformes à la loi |
| 4 | Une promesse, un cadeau d'inscription, des points d'entrée |
| 5 | Une séquence de bienvenue et les automatisations utiles |
| 6 | Une lettre que l'on tient dans la durée |
| 7 | Des indicateurs lus correctement, des e-mails qui arrivent |
| 8 | Un revenu : ventes, affiliation, parrainage, abonnement |
L'écriture elle-même, objets, premières lignes, structure d'un e-mail, est traitée dans Copywriting et rédaction web : écrire des textes qui se lisent et qui vendent. Cette formation s'occupe du système qui l'entoure.
À faire cette semaine
- Choisissez votre modèle parmi les trois, et écrivez en une phrase à qui vous écrirez et pour leur apporter quoi.
- Faites l'inventaire des adresses que vous possédez déjà : clients, contacts, inscrits à un ancien formulaire. Notez pour chacune d'où elle vient.
- Vérifiez que vous avez un nom de domaine et une adresse e-mail à ce nom.
- Abonnez-vous à cinq lettres de votre domaine, et à cinq d'un tout autre domaine. Observez pendant deux semaines lesquelles vous ouvrez, et pourquoi.
La suite est réservée aux acheteurs
Les 7 chapitres suivants, leurs exercices et leurs modèles sont inclus dans la formation, pour 39 € en paiement unique.
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